France Inter égratigne la version officielle du 11-Septembre

C’est un petit événement médiatique qui mérite d’être souligné : pour la première fois, un grand média français, France Inter, a consacré une série d’émissions aux zones d’ombre du 11-Septembre, et, tout en se tenant éloigné des outrances conspirationnistes, a écorné – de façon considérable – la version officielle de ces attentats.

Trois samedis consécutifs, les 9, 16 et 23 mai 2009, les Rendez-vous avec X, menés par le journaliste Patrick Pesnot et le mystérieux Monsieur X, un homme qui aurait jadis flirté avec les services spéciaux, ont tenté d’affronter les nombreuses controverses suscitées par le 11-Septembre. Après deux émissions largement historiques (12), le troisième volet s’est davantage attardé sur les attentats eux-mêmes. Tout n’a évidemment pas été abordé, mais plus que cela ne l’avait jamais été sur un grand média national (du moins depuis les interventions télévisées d’Eric Laurent).

La première émission peut être écoutée ici, les deux suivantes, qui retiendront le plus notre attention, sont disponibles ici et (n’hésitez pas à les écouter intégralement).

9/11 version France Inter

Allons droit au fait. Voici, résumée, la version présentée par Monsieur X :

1. Al Qaïda a organisé et exécuté l’opération du 11-Septembre, mais avec l’appui des services secrets pakistanais et de membres de la famille royale saoudienne. L’implication de l’ISI est même qualifiée de « sûre ».

2. Avant ces attentats, l’administration Bush a été aveuglée par son obsession de l’Irak, dont l’invasion était déjà programmée, et n’a pas prêté suffisamment attention aux avertissements nombreux qu’elle avait reçus d’une attaque à venir d’Al Qaïda sur le sol américain. Des avertissements (niés, rappelons-le, par tous les officiels américains) qui spécifiaient même le mode opératoire : l’utilisation d’avions comme bombes volantes.

3. Le matin du 11-Septembre, le NORAD était sur le pied de guerre, des exercices de simulation militaires avaient lieu, qui auraient dû rendre la réaction de la chasse particulièrement rapide et efficace (idée contestable : la ressemblance des exercices avec les attentats pourrait, au contraire, avoir durablement créé de la confusion… jetez un œil ici et …) ; en outre, les informations concernant les détournements d’avions étaient arrivées très vite au commandement militaire ; seule explication pouvant rendre compte de l’inaction de la chasse : Bush n’aurait pas osé prendre la responsabilité de faire abattre lui-même les avions, ou plutôt aurait hésité trop longtemps.

4. Juste après le 11-Septembre, l’administration Bush a laissé des centaines de membres de la famille royale saoudienne et des membres de la famille Ben Laden quitter le territoire américain avant tout interrogatoire, de peur que l’on ne découvre des liens entre eux et les attentats ; elle a ensuite laisser fuir Ben Laden de Tora Bora, en Afghanistan, où il était pourtant cerné, et ne l’a jamais recherché officiellement pour le 11-Septembre ; elle a enfin rechigné à mettre en place une Commission d’enquête et à lui attribuer des moyens. A chaque fois la même raison : la peur que l’on ne regarde de trop près les liens d’affaires qui unissaient les clans Bush et Ben Laden.

Deux accusations très graves sont donc lancées par Monsieur X : d’abord, des membres de la famille royale saoudienne et des services secrets pakistanais, dont son chef de l’époque (le général Mahmood Ahmed), auraient participé à l’organisation des attentats. Ensuite, l’administration Bush aurait couvert ces responsables par intérêt : pour ne pas dévier de son agenda guerrier, et pouvoir attaquer l’Irak et l’Afghanistan avec le soutien des alliés saoudiens et pakistanais. Elle a aussi décidé de laisser courir Ben Laden, l’homme que Bush avait pourtant juré de ramener aux Américains « mort ou vif ».

Ces informations, si elles sont définitivement authentifiées, arriveront-elles un jour aux oreilles du plus grand nombre ? Et les criminels – actifs ou passifs – seront-ils un jour dénoncés à une heure de grande écoute ?

Laisser faire…

Tout au long de l’émission, Monsieur X s’est positionné par rapport à la thèse du « laisser faire », consistant à dire que l’administration Bush aurait laissé sciemment se produire les attaques pour avoir un prétexte à la guerre. S’il s’en est détaché, il ne l’a guère méprisée, qualifiant l’inaction américaine avant le 11-Septembre de « très troublante« , et présentant sa propre thèse comme n’excluant « pas tout à fait l’hypothèse du complot »… Ce n’est que la thèse du complot purement américain (inside job) qu’il a moquée, la qualifiant de « délire ». Pour justifier son refus final de la thèse du « laisser faire », il n’a d’ailleurs guère pu apporter d’autre argument que son intime conviction : « Je ne doute pas du machiavélisme de certains des personnages les plus proches de George Bush, Dick Cheney, Rumsfeld et Wolfowitz. Mais j’ai du mal à croire qu’ils auraient pu participer à un complot qui a entraîné dans la mort presque 3 milliers de leurs compatriotes. »

Pourtant, il existe un argument de poids pour défendre la thèse du « laisser faire » et Monsieur X ne l’a pas mentionné. D’où l’intérêt de le rappeler ici. En septembre 2000, le très influent think tank néoconservateur « Projet pour un Nouveau Siècle Américain » (PNAC), dont font partie les Cheney, Rumsfeld et Wolfowitz, publie un rapport intitulé Reconstruire les Défenses de l’Amérique. Il préconise la mise en oeuvre (rapide) de réformes et d’actions militaires visant à maintenir l’hégémonie américaine au XXIe siècle – une hégémonie menacée par la montée en puissance de la Chine. Et page 51, cette phrase prophétique : « Le processus de transformation [des États-Unis en force dominante], même s’il est porteur de changements révolutionnaires, sera probablement long, en l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ». C’est l’aspect bénéfique de la catastrophe qui est ici envisagé. Au vu de cette réflexion (qui avait interpellé une journaliste de la chaîne ABC, voir vidéo ci-dessous), quelle était l’attitude rationnelle des dirigeants ayant justement pris connaissance de l’imminence d’un nouveau Pearl Harbor (l’attaque des « bombes volantes » d’Al Qaïda) ? Prendre toutes les mesures de sécurité adéquates pour stopper l’attaque ? Ou laisser faire et bloquer les enquêtes en cours ?

… ou aveuglement ?

Monsieur X préfère penser que les dirigeants américains ont été aveuglés par l’Irak et n’ont rien vu venir… Sans doute « aveuglés » le 12 septembre 2001, ils ont immédiatement voulu associer l’Irak au 11-Septembre (dixit Richard Clarke, patron du contre-terrorisme, et George Tenet, directeur de la CIA, qui ont fini par révéler les manigances de George Bush, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, et Richard Perle).

La thèse de l’aveuglement ne serait recevable que si l’administration Bush avait réellement cru que l’Irak représentait une menace avant le 11-Septembre ; les interventions de Colin Powell et Condoleezza Rice à ce sujet, en février et juillet 2001, montrent qu’il n’en était rien :

Si l’administration Bush était bel et bien obnubilée par l’Irak, au point de planifier sa guerre dès janvier 2001, ce n’était pas parce que ce pays représentait une quelconque menace militaire, mais parce que le pouvoir américain avait le projet d’y construire une base militaire permanente (dixit l’ancien président Jimmy Carter et le rapport du PNAC, p. 14, 23…), d’y contrôler le pétrole (dont sont surtout dépendants les concurrents chinois et européens), et il s’agissait aussi peut-être de punir un président qui avait témérairement choisi de ne plus vendre son pétrole en dollars, mais en euros. Autant de motifs qui ne justifiaient pas une guerre aux yeux de l’opinion internationale. Il fallut donc inventer la fable des armes de destruction massive, qui ne prit sa pleine dimension que dans le contexte post-11-Septembre.

Omission essentielle

Parmi les autres points faibles de l’argumentation de Monsieur X, n’en citons qu’un. X juge l’hypothèse de la démolition contrôlée des tours très improbable, dans la mesure où venait d’être nommé chef de la sécurité du World Trade Center, peu de temps avant les attentats, un homme très compétent, John O’Neill, ancien membre du contre-terrorisme au FBI (jusqu’au 22 août 2001), qui avait enquêté sur le premier attentat à la bombe contre le WTC en 1993, et qui fut l’un des premiers à avoir tiré la sonnette d’alarme au sujet de la menace que représentait Ben Laden ; la recherche de bombes devait très certainement constituer une priorité pour les services qu’il dirigeait… En effet, comme nous l’apprit l’Independent le 17 septembre 2001, la sécurité avait été brusquement renforcée au WTC à la fin du mois d’août, avec l’introduction de chiens renifleurs et le contrôle systématique des camions de livraison pénétrant dans les bâtiments. L’effet John O’Neill ? Pas si sûr cependant, car, si l’on en croit CNN, O’Neill n’avait commencé son nouveau job au WTC que le 10 ou le 11 septembre… jour de sa mort. Quoi qu’il en soit, le jeudi 6 septembre, les chiens renifleurs seront subitement retirés, rapporte Newsday. De quoi relancer chez certains les spéculations quant à la possibilité d’avoir introduit des explosifs dans les tours…

Mais au-delà des spéculations oiseuses, il est un élément incontournable qui doit désormais rentrer dans le débat : la récente étude scientifique, publiée le 3 avril 2009 dans The Open Chemical Physics Journal, qui indique que des explosifs de nouvelle génération, de la nano-thermite, ont été identifiés dans les poussières du World Trade Center. Fin stratège, ou simplement ignorant de cette découverte, Pesnot préfère ici aller chercher un allié traditionnel des anti-bushistes, le penseur contestataire Noam Chomsky, qui raille tous ces amateurs qui s’improvisent « experts très qualifiés en génie civil et mécanique en passant une heure ou deux sur Internet »… et omet de mentionner la fameuse étude, non pas produite par des amateurs en une heure de surf sur Internet, mais par une équipe de neuf scientifiques au terme de 18 mois de recherche…

Une nouvelle version officielle ?

Patrick Pesnot et Monsieur X n’ont certes pas prétendu avoir levé tous les mystères qui entourent encore le 11-Septembre. Leur parole, qu’elle aille parfois dans le sens des « sceptiques », parfois dans celui des « pro-VO », n’est pas non plus d’Évangiles, mais elle aura enfin permis de réhabiliter le questionnement serein et légitime sur ces monstrueux attentats. Leur analyse, si elle écarte l’idée d’un complot purement américain, ne rejette pas complètement celle d’un « laisser faire » américain. La thèse qu’ils proposent, sans être révolutionnaire, égratigne considérablement la version officielle, telle qu’elle figure dans le rapport de la Commission de 2004. D’autres responsables sont épinglés, et l’administration Bush est accusée de les avoir protégés. C’est déjà beaucoup.

Si France Inter et les autres grands médias français sont solidaires de cette analyse, il ne leur reste plus qu’à en informer leur vaste auditoire. Pour rompre enfin le mythe d’un 11-Septembre imputable à la seule Al Qaïda et celui d’une chasse au Ben Laden qui s’avère de plus en plus être une gigantesque farce.

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